Dès l’instauration des nouveaux tarifs douaniers américains, les entrepreneurs technos Alexandre Hamila et Christopher Dip se sont mis à l’œuvre pour créer une application qui aide les acheteur·euses canadien·nes à garder leur argent au pays.
Le duo dirige un studio montréalais, La Viral Studio, spécialisé dans la création d’applications B2B (commerce interentreprises) et B2C (commerce entreprises à consommateur·rices).
Selon Christopher Dip, l’idée de BuyBeaver est née après avoir vu des gens partager leurs propres conseils pour « acheter canadien » sur les réseaux sociaux.
« Nous avions constaté que bon nombre de publications sur les médias sociaux partageaient des listes de produits canadiens, et nous avons vu là une excellente occasion de répertorier tous ces différents produits sur un seul site Web », explique Alexandre Hamila. « Nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire en tant que deux entrepreneurs technos pour aider les Canadien·nes à acheter davantage local? »
Les deux acolytes ont alors conçu la première version Web de BuyBeaver à une vitesse fulgurante, en une seule fin de semaine. Au cours de la première semaine suivant le lancement de l’application, Hamila et Dip ont enregistré quelque 35 000 utilisateur·rices en plus d’être interviewés par des médias nationaux, notamment CTV et CBC.
« L’équipe de [CBC] s’est stationnée juste devant nos bureaux dans la neige; c’était la première entrevue que nous donnions », se souvient Hamila en riant. « Ensuite, nous sommes passés aux informations en français et même à la télévision coréenne locale. »
Balayer vos achats pour découvrir les délices canadiens
Une semaine après le lancement de BuyBeaver.ca, Hamila et Dip ont lancé leur application mobile et ont vu leur nombre d’utilisateur·rices passer à plus de 150 000.
Selon Dip, l’application va bien au-delà d’un simple répertoire centralisé de produits canadiens. La raison principale? Acheter canadien peut s’avérer compliqué, car les ingrédients et les composants des produits peuvent provenir de différents pays. De plus, il n’est pas toujours possible de le savoir en regardant simplement l’emballage.
« Nous avons découvert que certains produits, comme les croustilles Doritos, pouvaient être fabriqués au Canada, mais aussi aux États-Unis, sans qu’il soit possible de faire la différence », dit-il. « Notre approche consiste à nous fier au code à barres. »
Avec BuyBeaver, les utilisateur·rices peuvent balayer le code-barres de n’importe quel produit et savoir instantanément où il a été fabriqué, d’où proviennent ses ingrédients et, en fin de compte, qui est propriétaire de l’entreprise. L’application évalue même le « caractère canadien » d’un produit sur une échelle de un à cinq.
Selon Dip, BuyBeaver tire toutes ses informations sur les produits de plusieurs sources : les marques elles-mêmes, les utilisateur·rices qui balayent les produits en magasin et les informations publiques librement accessibles.
« Nous construisons la plus grande base de données de produits canadiens et nous nous efforçons d’être aussi précis que possible », dit-il.
« En même temps, nous ne cherchons pas à être une force destructrice, nous ne cherchons pas à bannir qui que ce soit », ajoute Hamila. « Nous essayons simplement de promouvoir les marques canadiennes et d’offrir une transparence totale aux consommateur·rices, car cela fait partie de notre identité. »
.CA, une « exigence absolue »
Pour Hamila et Dip, choisir un domaine .CA était une évidence, surtout pour une application qui aide les consommateur·rices à acheter canadien.
« Cela n’aurait eu aucun sens de choisir autre chose », explique Hamila.
« Les gens font confiance au domaine .CA », ajoute Dip. « Si nous avions opté pour autre chose, comme .com, le site n’aurait pas eu autant de crédibilité. Le domaine .CA indique qu’il s’agit d’un site Web fiable créé par des Canadien·nes, pour les Canadien·nes. »
De plus, en tant que jeune entreprise technologique montréalaise, le duo est déterminé à bâtir une solide communauté technologique locale qui emploie leurs compatriotes canadien·nes.
Développer le mouvement BuyBeaver
En ce qui concerne leurs projets futurs, Hamila et Dip ont l’intention de continuer à développer l’application et à intégrer davantage de marques à la plateforme.
« Nous nous engageons à aider les Canadien·nes à acheter local et à maintenir la gratuité de l’application BuyBeaver », déclare Hamila. « Même avant l’instauration des tarifs douaniers américains, l’idée d’acheter local existait déjà depuis plusieurs années, et je pense qu’elle ne fera que se renforcer. »